Le dessous de tout
Ma démarche est la suivante : je m’apprête à taper sur les doigts d’une émission télé dont l’angle d’analyse annoncée est ni plus ni moins la géopolitique : Le dessous des cartes. De quel droit ? De celui de la première quidam venue, qui n’aime pas qu’on donne dans le registre « ni vu ni connu cht’embrouille » alors qu’on prétend analyser notre petit monde sous la lunette exigeante de la géopolitique.
Résumé de l’incident : Le dessous des cartes s’annonce avec pour thème : Les murs. Une première présentation ose fourrer dans le même panier en moins de trois minutes montre en main les « murs » suivant : la muraille de Chine, le mur de Berlin, le limes romain, les murs dans les banlieues de Los Angeles, et deux derniers pour la route : le mur en Israël et autour des zones sécurisées en Irak (ben quoi, c’est juste à côté…).
De petits souvenirs d’écolière me reviennent alors. Lorsqu’on ose espérer pouvoir faire une analyse maison sur un sujet de politique, de géopolitique, d’histoire, de tout ce que vous voulez qui touche peu ou prou à l’humanité – ce qui implique que ce qu’on va en dire n’a pas déjà été pensé et démontré avec brio par quelqu’un d’autre avec une moyenne de trois siècles d’avance sur vous (ce qui implique quelques lectures au préalable), et c’est fort probable – il est sage d’adopter un angle d’analyse.
Ainsi donc, si l’on applique la discipline adoptée par cette émission – la géopolitique – à l’énoncé complet des objets d’étude (mur de Berlin, Moyen Orient, …) on devrait s’en sortir au mieux avec trois thèses. Or, il n’ya pas eu l’ombre d’un pet de condensé vulgarisé de trois thèses résumées, mais un message omniprésent tout au long de ce divertissement déguisé avec sérieux qui disait en gros ceci: C’est que, ma brave dame, « l’Homme construit beaucoup de murs, et peu de ponts ». Phrase citée de je ne sais plus qui vous m’en excuserez, le lyrisme m’a pris à la gorge jusqu’au tympans.
Comment vous dire alors à quel point j’ai détesté cette sensation d’être trompée, quand ceux qui fabriquent ces émissions osent nous sous-estimer à ce point. A-t-on l’air aussi écervelé qu’on prétende faire le tour du monde des conflits territoriaux, idéologiques et ethniques en dix minutes sans l’ombre d’un scrupule méthodologique, en concluant par un sourire empoisonné qui dit « voilà, vous savez tout ! »
Les murs. Problème de Solidarité donc. Mais bien sûr ! Tout ce résume à ça! C’est si simple… ne cherchons pas plus loin.
Ah la la…
Soupir
Turangalîlâ
Ainsi donc Jean-Christophe Victor et al. ont semble-t’il fait montre de légèreté pédagogique et de paresse méthodologique.
Il serait particulièrement fâcheux que cela ne soit pas un accident de parcours. Veillons aux portes de l’esprit critique.