Y’aura-t-il de la neige au printemps?

2008 mars 21
by Turangalîla

Oui. Trois cm sur ma terrasse exactement, et les flocons continuent de tricoter leur fraîche écharpe sur tout ce qui ne bouge pas dans les environs. Le spectacle est charmant sauf que, j’ai un rapport très intime avec les saisons. Je m’explique… J’aimais bien l’idée, intégrée avec joie, que le printemps était de retour. Trois choses que j’adore à cette période : la douceur de l’air, son parfum, et les cui-cui des p’tits zozios. J’oubliai: enlever les chaussettes, et jouer de l’orteil avec les rayons du soleil. Et puis, touche finale : l’odeur de la peau après avoir mijoté au soleil. Ce n’est pas que je m’apprêtais à vivre de tels instants aujourd’hui, j’avais déjà eu des messages subliminaux du cosmos, ayant essayé de me neutraliser hier au soir avec ses pieds glacés piétinant mon enveloppe charnelle. J’avais compris, à cet instant – mais d’autres l’avaient compris avant si j’en note leur tenue de yétis avertis – qu’il faudrait ressortir les collants qui grattent, les sous-pulls qui protègent bien le cou mais vous laisse le bidon à l’air vif, et du coup, la bride de la ceinture glacée qui vous anesthésie le dessous du nombril. C’est aussi ça, le spectacle charmant de la neige qui tombent en d’inaudibles pouf pouf pouf… Il faut le dire, car ce ne sont pas nos grenoblois en puissance qui vont vous lâcher l’info. Hier soir encore, pas peu fière d’avoir bravé la mort blanche, je m’endormais sans un grincement de dent, juste le temps de recenser vite fait les évènements du lendemain qui m’attendaient. Parmi eux, non pas un déplacement professionnel à la Silicon Valley, mais deux navets blancs à sélectionner parmi d’autres sur un étalage bien frais pour une bonne soupe chaude (j’ai déjà les autres légumes à la maison). Toute courageuse que je suis, me voilà levée tôt pour chercher mes navets avec mes yeux de lynx du matin, la robe de chambre sur le dos je m’en vais invoquer le soleil devancé par mon zèle, y puiser quelques inspirations et puis… que vois-je? Qu’entends-je? Pouf, pouf, pouf. Tombe la neige. Quatre cm maintenant. Il va pourtant falloir que j’aille les chercher mes navets blancs. C’est que, le navet blanc dans la soupe, donne un effet velouté ainsi qu’une base neutre mais délicatement parfumée au goût. Le navet blanc me ravit vous l’aurez compris. Le reste donne du piquant à la mission c’est évident. Mais n’irritons pas le cosmos, il veut de la neige au printemps, laissons-le faire son petit caprice. Courbons l’échine, ployons, c’est le moment d’user de la souple intelligence du roseau. Soyons félins, restons au chaud, et mangeons des croquettes.

Miaou fit le navet,

Turangalîlâ

4 Responses leave one →
  1. 2008 mars 21

    J’aime bien l’idée des saisons incertaines fomentant un dialogue impromptu entre le cosmos et nos sens. Le temps n’est pas irréductible au Temps ; Wetter und Zeit dirait l’autre.

    La soupe sera forcément bonne, qui reflètera la véritable saison et non celle rêvée. Ne restons pas sous la couette, non pas mais soyons félins-des-neiges à sortir dans le blizzard avec le pelage blanc pour y trouver un spectacle de saison. Les Pouf Pouf Pouf sont une mélodie sans nulle autre pareille, pleine de vie.

  2. 2008 mars 21

    Mars, le mois des fous.
    Et je m’y connais!
    (En mars, pas en fous)
    (Quoique)

    “…soyons félins-des-neiges à sortir dans le blizzard …” disait l’autre.
    Tout à fait d’accord:
    La soupe, dégustée bouillante après le safari blanc, n’en sera que meilleure.

    Consolation pour les Grenoblois: ici on se pèle et le ciel est gris.

    Time is not weather dirait l’autre autre.
    (traduction: y’a pu d’saison)

  3. 2008 mars 24

    Mes bonnes dames,
    n’est-ce pas plutôt le Temps qui n’est pas irréductible au temps? Et non l’inverse, ou bien, comme dirait l’autre* : “je me suis fourvoyée” (* dix it ma conseillère anpe (oups… ampe!)
    PC : le safari blanc s’est achevé après une somptueuse chasse au thermos à près de 1500 m d’altitude. Le breuvage s’est abandonné aux prédateurs à raquettes sans mouliner, et la vue sur la plaine africalpienne n’en fut que plus délectable.

  4. 2008 avril 1

    Il y a du vent, de la neige, des bourgeons timides qui jouent avec le soleil farceur ; un accordéon de températures s’amuse avec les corps.

    Le prime printemps est plus bel encore que le simple allongement des jours.

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