Cosmiques conjonctures

2008 mars 12

Turangalîlâ s’est reconnue récemment la méchante manie de titiller le cosmos à rebrousse-poil à force de cumuler le genre d’expériences que je m’en vais vous expliquer.

Un de ces nombreux jours, contre vents et marées, je décide de m’investir dans une activité aux annonces alléchantes, plutôt que de rester chez moi à rien ficher (c’est plus joli que foutre vous en conviendrez). Une fois en contact avec le responsable des réjouissances, celui-ci m’apprends que « Oh, vous savez, c’est plus ce que c’était ». Ah, pourquoi donc mon bon monsieur ? « Pendant longtemps c’était très sympa, et puis depuis peu… » Laissez-moi deviner, depuis que j’ai franchi la porte, ça vous a foutu la déprime et le cosmos vous a inspiré de mauvaises augures ? Me trompé-je ?

Un autre jour, je m’étais inscrite de suite. Tout était super sympatoche. Les gens étaient tout contents, et puis untel est parti, ça a déprimé truc, qui a suivi machin, et ça a fait un gros trou dans l’ambiance. Depuis c’est beaucoup moins rigolo. Combien de fois vais-je entendre ceci, une fois le territoire non lucratif foulé par la terrible Turangalîlâ ?

Mais le cosmos se fâche aussi en d’autres circonstances… La première fois qu’un conseiller boulot m’a ri au nez avec mon bac et mes diplômes de musique, je l’ai pris cool car je comprenais sans ambages que quelque chose clochait entre mon cv de saltimbanque et le marché du travail. J’ai donc repris des études, mais attention, pas les petites études juste pour dire, « Bon, c’est bon là ? », néni, j’ai bien écouté la maîtresse jusqu’à envisager de faire une thèse. Quand je suis retournée près de mon bon conseiller boulot, il n’a pas ri mais il était un peu empétouillé. C’est que, me dit-il, mon domaine de compétences était bien demandé à une époque – mais alors vraiment très demandé, insiste-t-il de son couteau émoussé dans ma plaie purulente – et puis il y a eu soudainement l’époque ou j’ai franchi la porte de l’établissement. Du coup, je m’entends conseiller ceci : « Vous voulez pas donner des cours de musique, avec vos diplômes de musique ? » Curieusement je ne m’entends pas dire oui. Je ne sens même plus ma bouche à vrai dire. Ma vue se trouble. Je sue. Vous voulez dire que les saltimbanques sont revenus à la mode ? Re-sué-je.

Le cosmos… voilà un farceur qui n’attend pas le 1er avril pour vous coller des petits poissons dans le dos avant d’aller en entretien d’embauche. Alors méfiez-vous, parce qu’un jour si le vent tourne et qu’il se lasse de moi, vous risquez de l’avoir aux fesses. Préparer donc vos langues de belle-mère et vos coussins-péteurs, vous en aurez besoin.

Turangalîlâ, le cosmos aux fesses, rien que ça.

Post-blogum : je dédie ce billet à mon Big Brother, pour ses quelques printemps fleuris.

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  1. 2008 mars 13

    Comiques réparties que voilà, bien troussées d’une voix salée au gré de remarques cosmétiquement distillées. L’univers en rit cosmiqu’encore.

    Les saltimbanques suivent mieux les étoiles que les services d’orientation, pas forcément aimantés vers la Polaire. Les funambules de l’imagination ont la boussole pour chemin.

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