Voir rouge et ne pas freiner
A tout conducteur grenoblois derrière son volant et son moteur à allure modérée et plus si affinité, oyez ceci : vous me fatiguez la zénitude. Non pas que je vous haïsse, mais mon désamour est grand.
Je sais, ce ne sont pas là de jolis sentiments, et je devrais – comme le sempiternel bon ton ambiant me l’indique – prendre sur moi, (c’est tendance) et ne pas exprimer des choses avec ma bouche (c’est dégouttant). Comment vous dire alors à quel point vos pressions hystériques sur la pédale du milieu alors que le feu est… vert (!!!) entrent en résonance avec les évènements agaçants de mon quotidien fatigué. Comment tendre alors à vos yeux embués, le reflet abyssal du miroir de la virtuosité que vous mettez à l’œuvre dans l’art de me pomper la joie de vivre par quintal au km/h. Comment vous dire jusqu’à la percussion du neurone épargné par la vague d’abrutissement qui miroite au fin fond de vos pupilles, qu’en dessous d’allure modérée, vous vous rendez passible de mon terrible courroux. Qu’en dessous de ce seuil, vous n’aurez pas comme vous le pensez peut-être (le zèle étant la seule explication que j’ai trouvée après d’éventuels troubles sexuels), des bonbons distribués par des officiers de police vous ayant surpris en flagrant délit de bonne conduite. Et, comment vous dire, qu’il n’y a pas que les cocotiers que j’ai envie de secouer quand il me prend la fantaisie de traverser cette bonne vieille et éprouvante ville.
C’est dit,
Turangalîlâ, de retour d’une course, qui s’annonçait pourtant dans la plus limpide des innocences.
BlogOL se réjouit silencieusement et donc l’écrit consciencieusement (telle est sa nature) : Turangalîlâ revient ainsi dans un espace assurément plus propice aux efforts de forme.
Bises croisées et facétieuses à Rusalka.
Non mais oh ! Je conduis mal moi ?
Bon c’est vrai qu’il y a des spécimens ici, il faut être cool mais pas trop !