Notonecta Glauca

2007 septembre 4
by Turangalîla

Avant que la rentrée ne nous happe entièrement dans son tourbillon d’effervescences (rendez-vous après la Toussaint, Halloween, Noël et la frangipane pour souffler), laissez-moi vous conter un épisode charmant de nos vacances à Coco-lapin et Turangalîlâ.

Avant de découvrir bêtement que le XXIème siècle existe bien (il crêche à Berlin pour le moment…), nous avons passé presque deux semaines en compagnie du règne animal (ma foi très inspiré cette année). Je vous explique : fermez les yeux et imaginez Turangalîlâ toute contente d’inaugurer ses premiers instants de vacanssausoleil, elle s’affère immédiatement à ranger les vivres (pour la survie oui), et se dit qu’elle va pas tout de suite ranger les figues sèches enfarinées (oui les figues aussi ont leurs mauvais jours) car elle va y picorer tout de suite un petit remontant se dit-elle!

Le règne animal qui lui aussi s’est mis en tête de survivre, se jeta donc sous forme d’un énoooorme criquet vert anis sur les figues enfarinées! Turangalîlâ, s’en revenant joyeusement tombe effectivement nez à bec enfariné avec le criquet vert anis. Inutile de rapporter la suite, sauf que plus tard, après que Coco-lapin ait ex-plo-sé l’animal à coup de claquettes, après que Coco-lapin ait assuré à Turangalîlâ que: “c’était le dernier de son espèce, c’était un highlander, et je lui ai coupé la tête”; elle se dirige à nouveau vers les figues sèches, enfarinées, et maintenant, entamées! Plus faim, retour à la piscine, noyer son chagrin…!

Mais! La piscine abrite elle aussi des petites copines. Cette fois-ci,Turangalîlâ sait à qui elle a affaire… des punaises aquatiques… Son Guide des insectes de France et d’Europe occidentale éditions Flammarion autour du cou, elle risque un orteil dans l’eau sachant bien ce qui l’attend, et les hostilités ne se font pas attendre… Voilà notre amie Notonecta Glauca, qui aime à se cacher sous les barreaux d’échelle des piscines, sous l’eau évidemment!

Coco-lapin est à nouveau rapellé à la rescousse… Coco-lapin pouffe un peu de rire car c’est vrai qu’elle est presque mignonne Notonecta Glauca, m’enfin le Glauca n’est pas réjouissant vous en conviendrez… Donc, Turangalîlâ informe son bien-aimé que notre petite amie est pourvue de “pattes antérieures ravisseuses”, qu’elle “nage sur le dos à l’aide de pattes postérieures natatoires, avec une grande bulle d’air contre la face ventrale”, et que, “active toute l’année (elle bosse en plus…), c’est un prédateur capable d’attaquer tétards ou petit poissons (à la rigueur…) et de piquer fort les doigts (nous y sommes) qui la saisissent…”. Bieeeeen, hihi haha hoho, se détendre dans la piscine dites-vous? Qu’importe, Coco-lapin se met en tête de défier le règne animal et avec ses doigts tente de saisir l’animal aquatique.

Tout va très vite ensuite, une exclamation… Coco-lapin choppe la bestiole, et la pose instinctivement par terre pour ne pas se faire piquer fort les doigts qui la saisissent, et là, terreur… horreur et diableries… la Notonecte s’envole…

Ce jour là Turangalîlâ apprit le sens du mot “terrassée”. Oui… c’est bien ça: avoir le sentiment d’une peur abyssale, et pourtant on est là, le cul par terre avec l’électroencéphalogramme plat comme une terrasse…

Plus tard Turangalîlâ apprendra que, oui, effectivement, par temps très chaud, elle vole…

Rien ne sert donc de grimper à un arbre pour échapper à une Notonecte, ni de sauter dans l’eau biensûr.

Inutile également dans ces instants de torpeur et d’effroi de se dire: “elle a plus peur que moi”. Ca ne marche pas et en plus, allez savoir! Elles ont pas l’air comme ça… :

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