Le CV express de Turangalîlâ

- "Vous êtes commerçant, rigoureux et ouvert" : Voilà oui. - "Vous avez le sens du contact et l'esprit d'équipe" : Ça m'arrive... - "Vous appréciez les produits de bricolage" : Ça se corse... - "Pédagogue et à l'écoute, vous développez les compétences de votre équipe et êtes une valeur d'exemple par votre comportement et votre savoir-faire" : Vous m'espionnez ou quoi??? - "Vous êtes passionné par la vente et doté d'une excellente présentation" : Ce n'est qu'une question de brushing et d'hygrométrie. - "Méthodique, réactif et doté de capacité certaines d'analyse, vous faites également preuve d'initiative, et savez rendre des comptes" : C'est pas beau d'espionner... - "Vous avez le goût du challenge" : Mais oui. - "Vous avez le sens des responsabilités" : Ohlala oui. - "Vous avez le permis de conduire" : Ah ça, j'ai beaucoup de défauts mais si j'ai une qualité c'est bien le permis de conduire. - "Vous êtes attiré par la grande distribution." : C'est-à-dire que j'ai des goûts un peu plus classiques en terme d'attirance... - "Vous avez envie d'évoluer dans un cadre agréable au sein d'un groupe à fortes valeurs?" : Oui, surtout l'Amûûûûûûr...

Dirty Papillon

2009 juillet 6
by Turangalîla

Billet dédié à tous ceux que Turangalîlâ saoule avec sa nostalgie, voici l’illustration parfaite de mon ulcération:

A lui, la Vie, ça lui faisait ça :

A lui, la Vie, ça lui fait ça :

http://www.youtube.com/watch?v=fDA74z4-ltg

Houston, c’est encore moi…

Turang’


Alice au pays des petites vieilles

2009 juin 22
by Turangalîla

Lorsque je dépensai sept euros et des poussières cosmiques pour payer mon droit de regard sur le très récent Star Trek de J.J. Abrams (amateurs de Lost sortez vos mouchoirs), je caressais l’espoir d’une satisfaction toute raisonnable :  au pire voir de belles images (= vaisseaux, planètes, effets spéciaux) au mieux retrouver l’ambiance 70’s à la sauce hypermoderne que le XXIème siècle est censé porter haut en couleurs (= un capitaine Kirk plus chaud bouillant que jamais). Ceci malheureusement, c’était hier la preuve en mini-jupe et pyjavelours beige.

Vous n’en douterez point je n’ai même pas eu droit au pire.  Tout ce qui, jadis, recélait d’une incroyable tension sexuelle et faisait le charme de la série culte; que ce soit dans les regards, dans les respirations, dans les frôlements des corps, dans les silences, dans les lapsus inoubliables du Dr Mc Coy et dans les moindres  bzzz bzzz des mouches à merde infiltrées dans le vaisseau; connut une curieuse mutation en évoluant jusqu’à nos temps actuels. Je m’explique : tous les personnages de Star Trek sauce 2009 ont pour principal souci dans leur vie pourtant riche d’inspirations : … leur rapport affectif à Pôpa et Môman…!!!

Pendant deux heures, huit minutes, petit chéri Kirk et ses amis nous dévoilent leurs petits cœurs tout sensibles. A entendeurs hallucinés : Est-ce que Pôpa serait fier de moi? Est-ce que Môman me porte toujours dans son cœur? Dis moi, tu n’aurais pas les mêmes yeux que ta Môman toi? Ils étaient les plus beaux de la Galaxie, snif. Tu es le seul à pouvoir nous sauver, comme ton Pôpa lors de l’attaque des Pôpas méchants des autres planètes, prffft.

Bon, Houston on a un problème! Nous sommes attaqués de part en part du vaisseau et le Capitaine Kirk a besoin de … de parler.

Houston, je veux sortir. De ce cinéma. De cette époque.

Sortir du cinéma, je n’ose pas. Le 7ème Art comme tous les autres, ça s’éprouve jusqu’au bout. A moins que le crime et la trahison ne soient d’assez bonnes raisons pour faire de ma fuite un devoir. Je reste néanmoins par respect pour mon budget. Je furète alors parmi le bon public aux yeux mouillés d’émotion (c’est que le capitaine Kirk se trouve désormais en osmose totale avec Pôpa), et me demande combien parmi eux sont au premier rang de la dénonciation quotidienne de la privation de leurs libertés, alors qu’ils sont précisément en train de se faire téléporter les sens au placard, la bave au petit cœur tout mou, moyennant finance qui plus est!

Sortir de cette époque me demanderait bien des contorsions, mais décision est prise de m’y atteler à coup de plûme  enragée, dont voici le premier message :

A tous les passagers de la planète Terre : Ramenons Alice, au pays des merveilles.

Turangalîlâ

Toi ma star du comique de situation

2009 mai 5
by Turangalîla

Avec les sous-titres c’est encore mieux : tetesaclaques.tv

Turang’

Les stratégies de différenciations par rupture ou…

2009 avril 4

… OU COMMENT ACHETER DES YAOURTS BIO SANS FAIRE LA UNE DE LA GAZETTE LOCALE?

Turangalîlâ a un problème. Un problème d’approvisionnement. Elle ne sait où donner de la tête et du portefeuille, diversifié à outrance.

J’ai épuisé toutes mes stratégies, pesé les pours et les contres, défini les menaces et opportunités, repéré les vaches à lait, et invoquer les cinq forces de Porter, rien n’y fait. Je ne sais plus où acheter mes yaourts bio…

Après m’être détournée volte-face-ment des supermarchés (qualité bof), des boutiques bio (trop cher), des potagers (pesticides, phtalates, parabens et métylturangalîlâcides), j’ai tenté le marché bio – que je peux y aller à vélo – tout près de chez moi.

Arrivée là-bas, le rêve! Tous ces vegetables frais, pimpants, la salade qui frise, le citron qui flirte avec la mandarine,  le zozio qui chie bio, le chien qui fait la sieste avec le chat, pendant que les légumes encore pleins de terre semblent continuer de pousser sous nos yeux et nos doigts qui tâtent toute cette nature, bref, j’achète, j’achète, j’achète, je mets dans mon caddy-mémé à roulette  tuningisé “courses de filles” pour pas qu’on – encore lui! – s’imagine que je fasse des courses de mémé, je roule, je roule, je roule, et puis, il me faut des yaourts bio…

Je me fiche devant le stand attendu, espéré, promis, apparu, et là, le type, – qui me voit pour la première fois de sa vie de maraîcher – exulte… Exulte, du Latin exultare : ex = “sortir” et tare = “taré”. Le type, ainsi, se dote d’un espèce de mégaphone invisible, naturel, bio ; prend son élan respiratoire me faisant trébucher en avant par appel d’air, et se met à faire le constat de ma démarche d’approvisionnement qui se voulait anonyme, à destination d’un public que je connais désormais que trop bien : la Commune d’Échirolles en Isère. “Ohlalalala, la petite dame c’est la première fois qu’elle fait ses courses au marché bio, la petite dame! on l’avait pas vue avant la petite dame! c’est la première fois qu’elle va gouter mes yaourts la petite dame! tu (à Échirolles) te rends compte la chance qu’elle a, la petite dame!”

J’y suis retournée UNE fois. Parce que effectivement, la petite dame en moi a adoré les yaourts du mégaphone, et de nouveau j’ai eu droit aux appels d’air, trébuchages, Unes de Gazettes et vociférations : C’est qu’elle les a aimés mes yaourts hein la petite dame! Etc, etc… Là je n’écrirai pas ce qui me passe par la tête, je mentionnerai simplement les quelques résultats des travaux sur le grand méchant loup menés par Freud. Bref, je me suis enfuie avant de me faire traiter de salope. C’était moins une, sauf pour la Gazette!

Tout ça – désolée au fait hein… – pour vous dire que ce n’est toujours pas – et non pas, pas toujours – facile facile d’être une femme aujourd’hui. Il faut le dire, c’est dit.

Turangalîlâ


Pauvres petites choses…

2009 avril 2
by Turangalîla

croco11

croco3

elephant1elephant3

lion1lion2

hippo11

NOoon pas lui! Il est trop mimi…!!!

hippo3

Sorry…


(images : http://boutique.plushtoy.fr)

Votre avis m’intéresse

2009 avril 2
tags: ,
by Turangalîla

Albert dine

2009 mars 27
by Turangalîla

Clin d’œil publicitaire à l’immédiate

Turang’

BB’s Birthday!!!

2009 mars 12
by Turangalîla

violettes31-grand

2-présence

3-protection

4-voix

5-chemin

6-piano

7-calme

8-connaissance

9-humour

10-bienveillance

11-insectes

12-dessin

13-jeux

14-application

15-importance

16-heures

17-accompagnement

18-interdit

19-maquettes

violette_toulouse

20-labeur

21-goût

22-choix

23-paroles

24-départ

25-manque

26-architecture

27-années

28-persévérance

29-courage

30-patience

31-temps

32-réussite

33-résultat

34-rencontre

35-engagement

36-papa

37-joie

38-idéal

39-avenir

40-frère


40 mots pour 40 années, vues par ~ 30 ans de little sister. Bises affectuosissimes à mon BB.

Turangalîloutch

Mon âme aux décodeurs

2009 mars 3

Je ne peux plus aujourd’hui ouvrir une page de journal sans tomber sur une bonne âme me proposant de décoder pour moi (merci très cher mais je ne vous ai pas sonné) un point de l’actualité. Va-s-y que je te déchiffre, que je te décode, que je te décrypte. Le Monde serait codé…

Quand j’étais sur les bancs d’école, j’avais des profs d’Histoire, pas des décodeurs. Puis dans les journaux, je trouvais une information = “voilà ce qui se passe aujourd’hui”, en rappelant le contexte = “alors qu’il s’est passé ça hier”. Maintenant, si je veux savoir ce qu’il se passe aujourd’hui, si je veux connaître les faits, on ne me les donne plus, on me les décode.

Comment vous dire? Il se trouve que j’ai bien écouté la maîtresse pendant des années, elle m’a enseigné la méthode pour me faire mon idée, mon sentiment, sur la base d’une information neutre et d’un contexte, et par le biais d’une discipline (Histoire, économie, géopolitique, que sais-je…)  Aujourd’hui on me balance direct le sentiment d’un décodeur.

Comment vous dire encore? Je n’ai pas confiance en ces décodeurs. Pourquoi?

1) Ils sont trop nombreux pour être honnêtes.

2) Leur légitimité constitue toujours plus une insulte à ma personne. Avant le soin était pris de les présenter comme juriste ou économiste ou historien, maintenant il s’agit d’”observateur”, et l’animal ose ouvrir la bouche et nous exprimer son sentiment du jour.

3) Ils manquent d’arguments et surfent impunément sur un courant unique de pensée. La preuve, ils se fâchent quand il se heurtent à un avis différent et construit, seule la colère leur permettant de faire autorité.

4) Ils nous infantilisent, et nous aimons ça. Quand les décodeurs se mettent en colère, ils savent qu’ils maitrisent quelque chose en nous qui pourrait se traduire ainsi  = quand je vois une colère s’exprimer sans que j’en comprenne la raison, elle me fait l’effet de la colère saine des parents qui grondent les enfants. Les parents détiennent la connaissance et se mettent en colère sans avoir à donner d’explications. Les enfants ne détiennent pas la connaissance mais savent que les parents l’ont et font confiance à cette colère. Ils retiennent une vague sensation de danger sans en saisir la nature, et confient son traitement à la protection parentale. Nous réagissons de même avec nos bienveillants décodeurs. Les voir s’iriser de colère sans raisons argumentées nous donne l’illusion d’un danger qui nous échappe  mais qui n’échappe pas aux décodeurs puisqu’ils en proposent la clé. Ainsi nous adhérons à leur message à chacun de leur “coup de gueule” et “billet d’humeur”.

5) Le Monde n’est pas codé, comme ils voudraient nous le faire croire. Les codes qu’ils décodent sont ceux mêmes qu’ils ont inventés. Par l’invention de codes et l’invasion de décodeurs, je suis amenée à croire que je ne peux pas comprendre le Monde par moi-même. Mieux encore, j’ai l’impression d’être mieux informée qu’avant, car je vais directement à la case “fabrique d’opinion” sans avoir à en faire l’effort à partir de la base “information/contexte”. J’ai l’impression d’être informée plus vite, et mieux. Ce qui est faux.

666) Je donne progressivement mon âme aux décodeurs. Le mensonge règne, et on s’étonne que de vieux démons remontent à la surface.

Turangalîlâ

A John Baptist F.

2009 février 8
by Turangalîla

Une pensée pour mon grand-père paternel, né un 8 février, il y a 135 ans, en 1874.

Turangalîlâ,

une bouteille lancée dans la blogosphère à défaut de s’immerger dans les eaux de Malte.

Show time

2009 février 5
tags: ,
by Turangalîla

Il faut bien deux vaches folles pour un boeuf raté :

et un munuch buchmuch :

Turang’

Voir 36 chandelles…

2009 février 5
by Turangalîla

… et ne pas craindre la chute,
puisqu’elle ne sera que rhétorique,
et que les flammes du temps seront soufflées,
en un coup d’archet,
par viOLon.

Chapeaux bas,
et partitions aux vents, marins.

36 bises,
Turangalîlâ

Spéciale dédicace à l’OL

Vous avez le Web dans les tripes?

2009 février 2
by Turangalîla

Les tripes vous remercient, et s’invitent dans le Web :

http://www.produitstripiers.com/

Turang’
(Post-test de la fonction Press-Minute de WordPress, autrement dit : Sorry…)

La folle journée du FC Nantes

2009 février 1
by Turangalîla

Gérard H. : Turangalîlâ merci d’avoir accepté cet interview, on avait hâte d’avoir vos dernières impressions sur la tournure que prend cette champion’s league cette semaine, quelles sont vos analyses et vos intuitions sur le cours à suivre de cette équipe?

Turangalîlâ : Bien écoutez je suis ravie également de prendre enfin la parole, il est vrai que je suis avec bonheur et attention le déroulement de c’te champion’s league et de ct’équipe et jusqu’à maintenant les joueurs nous ont fait vibrer, beaucoup d’efforts, beaucoup de constance dans le jeu offensif et de cohésion dans la défense, ça fait plaisir, il faut se rappeler que c’était pour le moins leur talon d’Achille, on l’a bien vu lors du match aller où ils nous ont fait très peur, mais …

Gérard H. : Ils vous ont semblé fébriles sur le match aller?

Turangalîlâ : Ah oui tout à fait, on a bien vu que ct’équipe souffrait avec un meneur de jeu affaibli par sa blessure, on sait que ct’ épreuve l’a affecté et qu’il n’a pas retrouvé la confiance en son jeu,  sa philosophie de distribution sur le terrain en a était changée oui, les joueurs ont manqué des occasions par manque de repères c’est évident.

Gérard H. : Turangalîlâ on vous sait très concernée par le devenir de ce club, est-ce que vous pensez qu’on peut parler d’un réel revirement au vue des derniers scores et malgré les circonstances passées.

Turangalîlâ : Écoutez je ne sais pas si l’avenir confirmera mon impression, on peut quand même saluer un sursaut pour le moins salvateur, il est vrai qu’on sent une réelle amélioration ne serait-ce qu’au niveau de l’ambiance et de la complicité entre les joueurs et fri jjj kkhai kai kaÏÏÏÏÏÏ iiiii….. brumbl.

Ou suis-je?

Gérard H. : Turangalîlâ vous parliez d’une quasi révolution au sein de ce club…

Turangalîlâ : Non, quel club?

Gérard H. : Si si, euh… vous voulez faire une pause?

Turangalîlâ : Une pause de quoi?

Gérard H. : D’interview…

Turangalîlâ : D’interview de quoi?

Gérard H. : D’interview… de foot.

Turangalîlâ : D’interview de foot… Je suis en train de faire une interview de foot?

Gérard H. : Oui…

Turangalîlâ : Non.

Gérard H. : Si.

Turangalîlâ : Ha! Bon. Hola! Alors, oui! Je crois comprendre ce qui s’est passé. Je vais vous expliquer.

Voyez-vous, ce matin en me levant, j’enfile ma robe de chambre et mes pantoufles, je vais en cuisine me confectionner un Ricoré, deux trois tartines un kiwi un abricot sec, puis je m’installe avec tout ça devant la télé. Aujourd’hui Dimanche 1er février 2009 je n’ai même pas besoin d’ouvrir le programme télé je sais que se joue aujourd’hui à Nantes une folle journée de …

Gérard H. : Oui, donc si vous vouliez bien reprendre, nous en étions là …

Turangalîlâ : De zik’, chéri!

Gérard H. : De zik…!

Turangalîlâ : Demandez à Nelson il vous expliquera, puis demandez-lui de m’expliquer pourquoi il prend la place d’un jeune diplômé en musicologie, malgré toute la sympathie qu’il inspire.

La télé s’éveille donc avec mes papilles sur un air de Messe en Si de Bach.

Lorsque soudain, un mari s’éveille. Le mari s’approche de moi, et semble vouloir me témoigner avec affection son bonjour, lorsqu’ en amateur de petit-pont qui se respecte, celui-ci s’empare fieleusement de la télécommande. Le voici le voilà qui me met télé-foot, et je vous vois cher Gérard dans toute votre joie de vivre et de me pomper l’azote.

Tout s’explique n’est-ce pas. Sauf ce revirement à la con du FC machin… désolée mais je m’en fous, et je veux ma messe en Si!

Bien à lui (Bach)

Turangalîlâ

PS for me : vérifier qu’on ait le droit de dire du mal du foot avant de publier ce brouillon, merde trop tard, les brouillons se rebellent maintenant.

Energies vertes, danger durable et pipi-culotte citoyen…

2009 janvier 27

Vous jetez responsable, vous construisez durable, vous consommez citoyen, vous chauffez solaire, vous pensez vert, c’est très bien, mais des fois, quand il n’y a plus de piles, on aimerait bien que le joujou s’arrête…

(!) Interdit aux moins de 29 ans (!)

Turangalîlâ

L’amande verte autour de Messiaen

2009 janvier 8
by Turangalîla

De Cécile Sauvage à son fils, Olivier Messiaen :

Enfant, pâle embryon, toi qui dors dans les eaux
Comme un petit dieu mort dans un cercueil de verre.
Tu goûtes maintenant l’existence légère
Du poisson qui somnole au-dessous des roseaux.

Tu vis comme la plante, et ton inconscience
Est un lis entr’ouvert qui n’a que sa candeur
Et qui ne sait pas même à quelle profondeur
Dans le sein de la terre il puise sa substance.

Douce fleur sans abeille et sans rosée au front,
Ma sève te parcourt et te prête son âme ;
Cependant l’étendue avare te réclame
Et te fait tressaillir dans mon petit giron.

Tu ne sais pas combien ta chair a mis de fibres
Dans le sol maternel et jeune de ma chair
Et jamais ton regard que je pressens si clair
N’apprendra ce mystère innocent dans les livres.

Qui peut dire comment je te serre de près ?
Tu m’appartiens ainsi que l’aurore à la plaine,
Autour de toi ma vie est une chaude laine
Où tes membres frileux poussent dans le secret.

Je suis autour de toi comme l’amande verte
Qui ferme son écrin sur l’amandon laiteux,
Comme la cosse molle aux replis cotonneux
Dont la graine enfantine et soyeuse est couverte.

La larme qui me monte aux yeux, tu la connais,
Elle a le goût profond de mon sang sur tes lèvres,
Tu sais quelles ferveurs, quelles brûlantes fièvres
Déchaînent dans ma veine un torrent acharné.

Je vois tes bras monter jusqu’à ma nuit obscure
Comme pour caresser ce que j’ai d’ignoré,
Ce point si douloureux où l’être resserré
Sent qu’il est étranger à toute la nature.

Écoute, maintenant que tu m’entends encor,
Imprime dans mon sein ta bouche puérile,
Réponds à mon amour avec ta chair docile
Quel autre enlacement me paraîtra plus fort ?

Les jours que je vivrai isolée et sans flamme,
Quand tu seras un homme et moins vivant pour moi,
Je reverrai les temps où j’étais avec toi,
Lorsque nous étions deux à jouer dans mon âme.

Car nous jouons parfois. Je te donne mon cœur
Comme un joyau vibrant qui contient des chimères,
Je te donne mes yeux où des images claires
Rament languissamment sur un lac de fraîcheur.

Ce sont des cygnes d’or qui semblent des navires,
Des nymphes de la nuit qui se posent sur l’eau.
La lune sur leur front incline son chapeau
Et ce n’est que pour toi qu’elles ont des sourires.

Aussi, quand tu feras plus tard tes premiers pas,
La rose, le soleil, l’arbre, la tourterelle,
Auront pour le regard de ta grâce nouvelle
Des gestes familiers que tu reconnaîtras.

Mais tu ne sauras plus sur quelles blondes rives
De gros poissons d’argent t’apportaient des anneaux
Ni sur quelle prairie intime des agneaux
Faisaient bondir l’ardeur de leurs pattes naïves.

Car jamais plus mon cœur qui parle avec le tien
Cette langue muette et chaude des pensées
Ne pourra renouer l’étreinte délacée :
L’aurore ne sait pas de quelle ombre elle vient.

Non, tu ne sauras pas quelle Vénus candide
Déposa dans ton sang la flamme du baiser,
L’angoisse du mystère où l’art va se briser,
Et ce goût de nourrir un désespoir timide.

Tu ne sauras plus rien de moi, le jour fatal
Où tu t’élanceras dans l’existence rude,
Ô mon petit miroir qui vois ma solitude
Se pencher anxieuse au bord de ton cristal.

In “L’âme en bourgeon”.


(Source : www.espace-poemes.com)

Turangalîlâ

Recherche taxidermiste inquiétant OU Quand l’ANPE se bidonne

2008 septembre 9
tags: , ,
by Turangalîla

Depuis la mi-août, l’ANPE se démène pour moi. Elle sélectionne avec ses merveilleux doigts de fée une trentaine d’annonces correspondant à mon critère de recherche : “Chargée de développement culturel”.

Ce qui donne ceci-dessous. Attention, deux ans minimum de gestion de pipi-culotte exigé.

[Extraits]

Intitulé du poste : MACON GROS OEUVRE QUALIFIE (TRAVAUX PUBLICS)
Type et nature du contrat : TRAVAIL INTERIMAIRE DE 1 MOIS / CONTRAT DE TRAVAIL
Description du poste : VOUS FAITES DE LA POSE D’AGGLOMERES VOUS ELEVEZ DES STRUCTURES.
VOUS FAITES DE LA MACONNERIE CLASSIQUE.

Expérience :EXIGEE DE 2 A 3 ANS
Formation et connaissances :
C.A.P BATIMENT GS-OEUVR SOUHAITE(E) OU B.E.P.BATIMENT GS-OEUVR SOUHAITE(E)
Lieu de travail : 38 – GRExxx

Intitulé du poste : BERGER/BERGERE
Type et nature du contrat : CONTRAT A DUREE DETERMINEE DE 1 MOIS / CONTRAT DE TRAVAIL
Description du poste : VOUS EFFECTUEREZ LA SURVEILLANCE DE TROUPEAUX OVINS.
POSTE A POURVOIR IMMEDIATEMENT JUSQU’AU 28 xxxx 2008.
LE LOGEMENT EST FOURNI. POUR CANDIDATER, TELEPHONER A
MR xxx AU xx xx xx xx xx.

Compétences particulières : 03- Moutons, chèvres, cabris.
11- Exploitation agricole d’élevage en plein air.
15- De 50 à 100 têtes.
17- Transhumance (isolement).
18- Logement sur place.
Expérience :EXIGEE DE 1 AN 1 A 2 SAISONS
Formation et connaissances :

Lieu de travail : 38 – SAINT-xx-EN-xx

Intitulé du poste : COMEDIEN/COMEDIENNE
Type et nature du contrat : CONTRAT TRAVAIL INTERMITTENT DE 1 JOUR / CONTRAT DE TRAVAIL
Description du poste : POUR LE PROCHAIN TELEFILM DE J. Fxxx AVEC B. xxx ET R. xxx
INTERPRTATION DU ROLE DE PERE ABBE, UN HOMME DE 60/70 ANS AU VISAGE AMBIGUE ET INQUIETANT. TOURNAGE PREVU ENTRE LE 29 xxx ET LE 31 xxx 2008
SUR GRExxxxx.

Compétences particulières : 15- Petit rôle.
Expérience :EXIGEE DE 2 ANS COMME COMEDIEN
Formation et connaissances :

Lieu de travail : 38 – GRExxxxx

Intitulé du poste : COMEDIEN/COMEDIENNE
Type et nature du contrat : CONTRAT TRAVAIL INTERMITTENT DE 1 JOUR / CONTRAT DE TRAVAIL
Description du poste : POUR LE PROCHAIN TELEFILM DE J. Fxxx. AVEC B. Pxxx ET R. Bxxx
INTERPRETATION DU ROLE D’UN TAXIDER MISTE, PERSONNAGE INQUIETANT, SANS AGE. 1 JOURNEE DE TOURNAGE PREVUE ENTRE LE 29 xxx ET LE 31 xxx 08

Compétences particulières : 15- Petit rôle.
Expérience :EXIGEE DE 3 ANS COMME COMEDIEN
Formation et connaissances :

Lieu de travail : 38 – GRExxxxx

Intitulé du poste : COMEDIEN/COMEDIENNE
Type et nature du contrat : CONTRAT TRAVAIL INTERMITTENT DE 1 JOUR / CONTRAT DE TRAVAIL
Description du poste : POUR LE PROCHAIN TELEFILM DE J. Fxxx AVEC B. Pxxx ET R. Bxxx
INTERPRETATION DU ROLE D’UN GARDIEN DE CIMETIERE, 50/60 ANS VISAGE A LA MARTY FELDMAN. TOURNAGE PREVU ENTRE LE 29 xxx ET LE 31 xxx 08.

Compétences particulières : 15- Petit rôle.
Expérience :EXIGEE DE 3 ANS COMME COMEDIEN
Formation et connaissances :

Lieu de travail : 38 – GRExxxxx

Intitulé du poste : AGENT DE DENEIGEMENT
Type et nature du contrat : CONTRAT A DUREE DETERMINEE DE 4 MOIS / CONTRAT DE TRAVAIL
Description du poste : VOUS INTERVENEZ SUR LES TACHES D’ENTRETIEN DU RESEAU ROUTIER DE L’Oxxxx. DENEIGEMENT, CONDUITE D’ENGINS ET ENTRETIEN DU MATERIEL.
POSSIBILITE DE LOGEMENT SUR DEMANDE. ETRE DISPONIBLE POUR DES ASTREINTES DE NUIT OU LE WEEK-END.

Compétences particulières : 07- Balayage des rues, caniveaux, places…
16- Conduite de petits engins de nettoiement (balayeuse, laveuse, autolaveuse…).
14- Etablissement public.
Expérience :EXIGEE DE 6 MOIS CONDUITE D’ENGINS DE DENEIGEMENT
Formation et connaissances :
PERMIS P.L. (C) EXIGE(E)
Lieu de travail : 38 – LE Bxxx-D’ Oxxx

Intitulé du poste : GRUTIER/GRUTIERE
Type et nature du contrat : CONTRAT A DUREE DETERMINEE DE 3 MOIS / CONTRAT DE TRAVAIL
Description du poste : EXPERIMENTE, VOUS ASSUREZ LA CONDUITE D’UNE GRUE A TOUR SUR UN CHANTIER DE CONSTRUCTION NEUVE D’IMMEUBLES. LE CHANTIER EST SUR LE SECTEUR D’Axxxx. LA SOCIETE BASEE A Dxxxx : POSSIBILITE DE PARTIR DE Dxxx A LA SEMAINE. CDD RENOUVELABLE UNE FOIS AVANT CDI.

Compétences particulières : 05- Grue à tour.
14- Entreprise du bâtiment ou des travaux publics.
Expérience :EXIGEE DE 2 ANS EN CONDUITE DE GRUE A TOUR
Formation et connaissances :
PERMIS AUTO (B) SOUHAITE(E)
Lieu de travail : 38 – Dxxxx

Turangalîlâ, pas sûre de ne pas être ambigüe et inquiétante en tant qu’ homme de 60/70 ans, et qui ne fait pas de la maçonnerie classique mais de la musique classique, nuance…!

In den sterbenden Gartentraum(*)

2008 septembre 3
by Turangalîla

Septembre…

La rentrée…

L’effervescence…

Des acouphènes sifflant du Strauss…

Et Hermann pour apaiser tout ça. Herr Hesse, c’est à vous :

Le jardin est en deuil,

la pluie fraîche s’enfonce dans les fleurs.

L’été frissonne

calmement à la pensée de sa fin.


Les feuilles dorées tombent lentement

du grand acacia.

L’été sourit surpris et las

(*)dans le rêve mourant du jardin.


Longtemps il s’attarde sur les roses,

aspirant au repos.

Lentement il ferme ses grands yeux

à présent las.

Turangalîlâ, en col bleu.

Un an et Un jour pour la petite Turangalîlâ

2008 août 29
tags:
by Turangalîla

Un an et un jour de Blog pour Turangalîlâ, qui ont passé si vite et si lentement à la fois. Le prétexte est tout trouvé pour revenir sur des débuts d’écriture difficiles. Un peu d’indulgence pour ce qui va suivre, j’étais collégienne si mes calculs sont bons…

Je suis triste.

Pardon.

Je suis triste!

Euh pardon, je voulais dire désolé.

C’est rien.

C’est triste.

On n’y peut rien.

Je suis désolé.

Je suis triste.

Ça va?

Ouai je viens de boire du thé.

Mais enfin je ne vois pas le rapport!

Pourquoi diantre y-aurait-il un rapport entre ma santé physique et mentale et cette tasse de thé?

Mais je ne sais pas!

Mais moi non plus.

Bon alors qu’est-ce qu’on fait?

Je ne sais pas!

Tu as soif?

Non ça va.

Quand tu bouches un stylo…

Ouai?

C’est pour pas que l’encre de ta mine sèche?

Ouai.

Mais qui te dit que l’air ne rentre pas quand même?

Ah ouai mince.

Un chou c’est moche.

Pourquoi veux-tu qu’il soit beau, le plus important c’est qu’il soit bon?

Parce qu’il y a des légumes qui sont bons et beaux, mais pas le chou.

Mais c’est bon.

Ouai.

Pourquoi les gens se prennent les doigts dans la fermeture éclair!?

Ils peuvent pas faire attention les gens!?

Pour pas se prendre les doigts dans la fermeture éclair…

… y’a qu’à faire attention!

Mon frère m’a piqué mon capuchon de stylo plûme!

Ah ouai?

Il ne m’a même pas expliqué la finalité de son acte!

Quoi? Il ne t’a même pas expliqué la finalité de son acte!

Ouai!

La vache!

Ma mère m’a dit que je n’étends pas le linge rectini… regtili…

Rectilignement?

Ouai. Mais elle ne m’a même pas dit par rapport à quelle norme je n’étends pas rectilignement le linge!

Quoi? Elle ne t’a pas dit par rapport à quelle norme tu n’étends pas rectilignement le linge!

Oui?

Mais je n’ai rien dit!

Allô, Allô?

Mais le téléphone ne sonne pas!

Bonjour bonjour! Facteur facteur!

Ah tu t’échauffes la voix, c’est génial!

Allô monsieur?

Génial.

Regarde regarde vite!

Quoi?

Mas dépèche toi qu’est-ce qu’il fout?

Qui?

Mais toi!

Mais j’arrive!

Mais c’est trop tard!

Mais c’est dommage!

Mais il pouvait pas appeler plus tôt?

Qui?

Mais toi!

Mais je l’ai appelé!

Qui?

Mais toi!

Mais c’est trop tard!

Mais c’est dommage!

Tu me passes le sel s’il te plait?

Tiens.

Non, le sel!

Ah pardon, j’avais compris le poivre.

… à suivre (selon stats du blog).

Turangalîlâ (15 years ago)

Gonna be a destructive rabbit

2008 juillet 30
by Turangalîla

Des questions comme on ne s’en pose plus, et des réponses comme on n’en attend plus :

“Important as toys are, they are no panacea. A rabbit who is frustrated because he never gets out of his cage, never gets any attention, or because he craves the company of a rabbit friend, is going to be a destructive rabbit. Make sure that you provide lots of stimulation, in the form of exercise and social contact, as well as toys.”

Get more with Dr Margo DeMello

Turangalîlâ, en concert le 24 octobre à MC2

Désamours enfile sa robe d’été

2008 juillet 11
by Turangalîla

la la li la laaaaa….

Turangalîlâ, courant pieds-nus sur l’herbe mouillée

Les ascenseurs Koné vous souhaitent de joyeuses fêtes

2008 juillet 7
by Turangalîla

J’ai mis sept mois à m’en remettre voilà pourquoi je ne vous en parle que maintenant…

C’était la période de Noël et de fin d’année. Je scrutai la cage d’ascenseur où je m’étais enfermée avec mon Coco-lapin pour aller et venir je ne sais où. Là donc, sur une des paroi de la cabine, une petite carte disait l’indisible : “Les ascenseurs Koné vous souhaitent de joyeuses fêtes.”

On a échangé un regard halluciné avec le Coco. On a explosé de rire mais il faut bien se l’avouer, l’affichette nous avait touchés. Personnellement, ça m’a fait chaud au cœur, qu’on – un ascenseur donc – se préoccupe un peu – entre le troisième étage et le rez-de-chaussée – de nous souhaiter de joyeuses fêtes. Puis ça ne m’a plus fait rire du tout, de réaliser que j’en étais très exactement là, de ramasser comme une affamée la plus petite miette d’affection à ma portée. Ce genre de messages improbables m’avaient toujours semblé inutiles et ridicules jusqu’à ce que mon moral baisse assez pour en comprendre la  discrète nécessité. Les ascenseurs Koné m’ont peut-être sauvé la mise à ce moment là, qui sait? Il suffit parfois d’un minuscule détail.

Bon ça va? Je ne vous ai pas trop plombé le moral? Si c’est le cas je vous souhaite à mon tour une très belle journée, et un été radieux. Ça devrait aller mieux car je suis plus qu’un ascenseur.

Avec les grosses bises de mon ascenseur,

Turangalîlâ

Post-blogum pour la société Koné : je suis disponible dès maintenant, travailleuse et motivée, gna gna gna… et sentiments distingués.

recherche explication joue toujours trop basse au basson

2008 juillet 7
by Turangalîla

Le basson, toujours le basson, encore le basson.

M’en allant promener sur les pages dashbordesques d’un de mes autres blog, je vois que somebody est tombé sur lui en tapant ceci sur son moteur de recherche : “recherche explication joue toujours trop basse au basson”

Paf!

“joue toujours trop basse…” J’en conclus qu’il s’agit d’une fille, et qui ne quiche pas assez du bidon pour rester dans les justes hauteurs et ne pas froisser notre détective un tantinet agacé. Je ne savais pas qu’il y avait de la place pour le sarcasme dans cette petite barre de recherche, m’enfin, il demande une explication et en tant que pétasse – c’est entre les lignes – qui joue toujours trop haut, je propose  quelques explications à ces phénomènes.

Partons du principe que toutes les parties du basson soient bien assemblées, c’est-à-dire aucun espace entre les branches, la culasse, le pavillon et le bocal.

1) Si c’est un basson français, le grave est toujours trop bas, ce qui peut expliquer ceci. Il faut donc quicher.

2) Si c’est un basson allemand c’est l’aigu qui est toujours trop bas, là aussi, on quiche.

3) Sinon, c’est peut-être l’anche qui est trop longue, dans ce cas, il faut faire un test sur le mi 2 (médium) en l’attaquant forte, si il sort un demi-ton plus bas c’est que l’anche est trop longue, il faut donc la couper un peu. Si il sort juste ou presque, ne pas toucher.

4) Ou alors, c’est peut être le bocal, dans ce cas un bocal CC1 de la marque dont nous rêvons tous (H…..) arrangera l’affaire.

5) SI le crime a lieu dans un orchestre, il peut arriver aussi que le hautbois qui donne le La soit accordé à 445 Hz, à vérifier quand même…

6) Si on est une pétasse, y’a rien à faire.

Turangalîlâ

Post-blogum : message à tous les cornistes pleurnicheurs de leur terrrrible sort de cuivre  : Voyez, nous aussi on souffre, mais en silence… et en musique!

Pouchkine s’en va-t-en mer

2008 juin 23
by Turangalîla

Aïvazovski, Le départ de Pouchkine sur la mer – 1887*

Turangalîlâ, d’humeur marine

*source : http://l.ha.free.fr/

La bave du trombone n’atteindra pas le blanc-bec de basson

2008 mai 13
by Turangalîla

Bon, ne soyons pas modestes lorsqu’il s’agit d’envolée de basson. En voilà une autre qui me ravit particulièrement, bien que la qualité de l’enregistrement soit difficilement supportable. Chosta a fait là un bien précieux cadeau au biniou en question, celui de montrer en un temps trois mouvements, l’ambitus extra-large du basson sur sa légendaire échelle schizophrénique (magnitude 1 à 1012), allant de “maintenant je peux mourir” à “ah le petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles”.

Précision gustative : je ne suis pas fan de cette version (bassoniste), bien qu’il choppe bien ses ré suraigus le s… (c’est affectueux…).

Voici donc …

Post-post : ceci-ouï, le petit vin blanc sous les tonnelles a dû faire des émules parmi les cuivres (cliché usé jusqu’aux coulisses mais qui tient bon la choppe), il y’ a – comment vous dire – quelques comas (au sens non éthylique du terme = musical) qui font la gueule de bois si j’en crois mes oreilles aveugles et pudibondes pour l’occasion.

Turangalîlâ

Je crois que…

2008 mai 3
by Turangalîla

… les séries marchent parce que le sort de l’humanité s’y joue (Bim).

Extrait d’une série* que je ne regarde pas d’habitude, mais dont l’échange de gros soupirs entre gentille experte dévouée à la Vérité contre méchante psychologue au service du Mal a retenu mon attention qui s’apprêtait à faire un gâteau à la farine de pois chiche.

[ Les faits:

Bones est médecin légiste, experte dans l’analyse des os (d’où son surnom évidement). Elle est appelée à témoigner dans un procès, pour défendre la thèse d’un meurtre sur une jeune femme. Une psychologue la coach pour qu’elle passe bien auprès des jurés, car elle a - pardonnez-moi - un esquimau dans le derrière. Mais Bones a bien du mal à faire ses devoirs de midinette... ]

L’avocat : « Et pour quelle raison aurait-il (le suspect) donné de la drogue à la victime ? »

Bones : « La réaction périostale à court terme sur l’humérus proximal en latéral droit est cohérente avec le fait qu’elle ait été pieds et poings liés… » (Bam)

L’avocat : « Donc pour être plus clair, s… »

Bones (qui n’avait pas fini son missile) : « Et l’emplacement des contraintes au poignet plus son hyperparathyroïdie peuvent être un facteur déclenchant des fractures de stress sur les faces antérieures et distales, à la fois sur le radius et le cubitus. » (Tac)

L’avocat : « Ses os se sont cassés parce qu’elle a lutté pour se libérer ? » (Hop)

Bones : « … Oui, c’est ce que je viens de vous dire… ! » (Pan)

L’assemblée (atterrée) : « Pffff »

[La séance est levée, c’est l’heure du débriefing entre chignon 1 et chignon 2 …]

La psy : « On vous a programmée pour parler notre langue ? Vous n’avez rien fait de ce que je vous ai conseillé ! » (Poum)

Bones : « Mais… j’ai mis du bleu, j’ai regardé le jury. A quel moment est-ce que les faits ne vous ont plus rien dit à vous ? »

La psy : « Mais moi je n’ai aucun problème aves les faits, tant que les jurés peuvent les assimiler ! » (Toc)

Bones : « Alors, vous sous-estimez leur intelligence ! » (Tss)

La psy : « Et vous vous sur-estimez leur capacité à rester éveillé. » (Xss)

Bones : (Soupir, soupir, soupir)

[Un peu plus tard, le procès tourne en faveur de Bones qui a paru plus humaine cette fois-ci : l’avocat l’a piégée en la faisant parler de son enfance, et tout le monde s’est attendri. Mais la discussion passionnée reprend son cours, car tout n’est pas joué]

Bones : « Il (l’expert de la défense, qui sait parler « aux gens ») n’a pas parlé en tant qu’expert objectif, il a inventé une histoire ! » (Il fait que de m’embêter!)

La psy : « Non mais vous plaisantez ?! Le jury va l’adorer. Il va passer pour un monsieur tout le monde qui ne peut pas parler parce que des règles stupides l’en empêchent » (C’est même pas vrai!)

Bones : « Les règles de la médecine légale ne sont pas stupides ! » (Eh ben ch’ui plus ta copine!)

La psy : « Vous devez apprendre la différence entre la réalité et la perception… Or un procès repose sur la perception. » (Pif)

Bones : « Vous êtes la raison pour laquelle la civilisation est en train de décliner ! » (Badaboum)

La psy : « … » (Gros soupir et tournage de talons)

Turangalîlâ

* “Bones” , Saison 1x 08 “Jeux dangereux”.

Journal de bord (4)

2008 mai 1

Episode “Trois femmes dans un vaisseau”

Le toujours aussi beau capitaine Kirk a brulé les dernières réserves de lithium du navire USS Entreprise en voulant rattraper un vaisseau inconnu perdu dans un nuage interstellaire. Trois magnifiques créatures au charme ensorcelant ainsi que leur pirate de mac (gros dégoulinant à boucle d’oreille, à poils qui sortent de la chemise, et à bottes de cuir pointues) sont recueillis par le capitaine Kirk. Aussitôt, un trouble touche toute la gent masculine de l’équipage, même Mr Spok qui n’est pourtant pas tout à fait humain. Ce charme provient en fait d’une substance, appelée “drogue vénusienne”…

Scène gagnante : Superpouffe n°1 allume grave le docteur Mac Coy … :

Spffe n°1 : (Collée dos au mur de l’entrée, sous son meilleur profil*) “Je peux entrer???”

Dr : (Se retourne, avale sa salive, ne répond rien… Elle prend ça pour un oui…)

Spffe n°1 : (Glissant vers le docteur) “Je me demandais à quoi ressemblait une clinique volante?” (Elle passe négligemment devant le spectrogramme, celui-ci s’emballe…)

Dr : (Affolé de voir son spectrogramme affolé) “Vou…voulez-vous repasser près de mon panneau?” (Aïe le lapsus!!!)

Spffe1 : “Votre quoi ??!!” (Faussement choquée)

Dr : (Essayant de retrouver un ton scientifique et professionnel) “Mon spectre analyseur” (C’est trop tard mec!)

Spffe n°1 : (Amusée) “Pourquoi je ne passerais pas un examen? Ce serait agréable!”

Dr : “Oh non je me fie à mon… à mon jugement (Pfiou!), mettez-vous près de ce… (Quel suspense !) spectre je vous prie.”

Spffe n°1: (Rebondit sur l’occasion, et se plaque contre le spectrogramme en s’accrochant très fort pour ne pas tomber*, celui-ci s’affole à nouveau…)

A voir et à revoir :

Superpouffe n°2 attend négligemment le capitaine Kirk, allongée sur son lit :

Spffe n°2 susurre au Capitaine Kirk à travers un subtil jeu de cache-cache :

A entendre et à réentendre :

Le capitaine Kirk : « C’est Noël sur Terre aujourd’hui, et si l’équipage a encore droit a du pâté synthétique, j’aimerais bien qu’il ait l’air d’une dinde ! »

Images à l’appui de la scène gagnante :

*1 : Je peux entrer???

*2 : Un examen… ce serait rigolo!!!

(A suivre)

Turangalîlâ

Zdeněk Sýkora – Linie (Lignes)

2008 avril 27
by Turangalîla

Il y a deux Ecoles vous dis-je…

2008 avril 22

Celle qui voudrait nous envoyer tous en sophrologie dès lors que nous aurions de la peine à supporter certains comportements de nos semblables, et celle qui décide de prendre les vilaines choses de plein fouet, histoire de ne pas s’y habituer pour pouvoir encore trouver ça pas net et lutter contre.

Personnellement, je préfère garder ma capacité à souffrir intacte – ne me protégeant de rien, de peur de m’habituer au Mal jusqu’à le tolérer dans une forme masquée de familiarité – la tachycardie plafonnante, histoire de ne pas trouver “intéressant comme vision du monde” ce qui est et doit rester flippant.

Images qui bougent à l’appui…

Ames sensibles, ne pas faire de sophro.

Turangalîlâ

pp : si vous tenez jusqu’au bout, vous aurez droit à un bisou!

En attendant 2011

2008 avril 15
by Turangalîla

… bravons les lois des chiffres ronds pour rendre hommage à Bernard Herrmann, une petite envie, comme ça, na.

Commençons par le commencement, saviez-vous qu’un coup de foudre pouvait être langoureux? C’est là (attention la coupure à 1m53 est un peu rude… ) :

Puis ceci, dans le genre ramassons-nous à la petite cuillère (en fermant les yeux, le montage vidéo est pas top).

A tout de suite, je vais switcher avec Morricone.

Turangalîlâ

Des amours…

2008 avril 12
by Turangalîla

… passées :

sans oublier de bieeen respirer par le bas du ventre, comme Manimal :

pour terminer, un grand moment d’émotion de mon enfance, Dans les Alpes avec Annette :

Flash back is over.

Turangalîlâ

Mignone allons voir si mes flux rss marchent bien…

2008 avril 9
by Turangalîla

… mais oui!

Voici une petite sélection détente/nature, c’est nécessaire, si j’en lis mon ton renfrogné.

Au programme:

1) faire donc un petit tournicoti au parc oriental de Maulévrier, c’est pas en Rhône-Alpes vous l’aurez deviné, c’est près de Cholet, dans le Maine et Loire, et c’est à ce qu’on dit, le plus grand parc oriental (japonais, mais aussi dans le style Indochinois) d’Europe.

2) réserver son we pour la prochaine fête des jardins, en général c’est autour du 20 septembre, et c’est super sympatoche. Courrez acheter un joli bob aussi, si possible avec “bande absorbante autour de la tête” (parce qu’il fait encore chaudet en septembre), “oeillets de ventilation” (pour la même raison) et “sangle de maintien avec pince” (pour le petit coup de vent annonciateur d’automne et d’anniversaires.)

3) s’investir dans ceci, pour commencer la journée en symbiose avec la nature avec un bon jus de brocoli.

4) lire les vertes lectures de Michel Tournier, rafraîchissant, intéressant, formidable, au sujet des contes avec lesquels nous, jeunes pousses, avons grandi.

Je vous laisse, j’ai un brocoli à assassiner comme dans Fargo (horreur)…

Turangalîlâ

Taquin de sort

2008 avril 8

Bon. Il fait gris. Il pleut. L’horizon est de toute façon bouché par les montagnes. La métaphore avec mon savoureux destin d’ex-soliste internationale et de finalement future assistante maternelle, – si ça continue à me gonfler cette recherche d’emploi – criante.

Me voilà donc aujourd’hui, officiellement inapte à quoi que ce soit. Tellement, qu’il m’a pris de commencer un nouveau fichier word avec pour titre “sans titre.doc” puisque je me trouve inapte à l’inspiration aussi. Et tellement, que le nouveau doc est resté intact, tout de blanc dévêtu. J’ai donc refermé un doc vide nommé “sans titre” aujourd’hui. C’était la première fois que je m’en fichais pas mal d’être sûre ou non de vouloir fermer mon fichier word sans enregistrer d’abord.

Et puis, dans un élan d’impatience, parce que c’est long tout ça, j’ai tapé au hasard des touches sur mon moteur de recherche. Ca a donné une requête pour “pger”. Je me suis dit bon, je vais tomber sur une connerie, ça peut toujours inspirer, et puis je lis ça, dans le premier résultat : “La réalité incorpore “un détail apparement inutile ” parce qu’il est là pour signaler qu’il s’agit bel et bien d’un échantillon non filtré du réel”.*

Que dois-je comprendre par là? “Un échantillon non filtré du réel”, “un détail apparemment inutile”. Quoi? Qu’est-ce? On essaye de m’encourager par des moyens farfelus. Mais qui on? Moi-même? L’ironie du hasard? Ou bien ce taquin de sort, qui n’en finit pas de visiter les confins de mon sens de l’humour? A croire que j’en ai (des confins).

Turangalîlâ

*C’était du Barthe Barthes, Roland, comme dans Plus belle la vie, le patron du Mistral. Celui qui est fou de Mirta, mais que elle finalement sous ses airs de difficile, elle se rend compte qu’elle tient à lui, mais que maintenant qu’ils ont fait toute une mise en scène pour faire croire au quartier qu’ils se sont séparés, ils sont bien emmerdés de se remettre ensemble, car Mélanie ne la laisse plus approcher Roland, car elle-même est en rupture avec Malik, qui l’a trompée avec sa collègue avocate, qui est en fait une espionne recherchée par la DST pour empêcher un attentat au J.O. de Pékin. Joli petit monde ensoleillé pas si tranquille à ne pas suivre, à moins que vous n’aimiez les distributions de sucettes qui calment tout le monde et qui tapent sur des cibles agaçantes de prévisibilité, mais qu’on ne s’en rend pas compte, puisqu’on a tous eu notre sucette. Here is the hic.

Siècle 21

2008 avril 1

Je suis tombée par hasard sur cet extrait de l’Oiseau de feu, dirigé par son créateur. Je me suis dit que non, que je n’allais pas écouter ça maintenant, car j’avais bien d’autres choses à faire. Et puis j’ai cliqué sur cette saleté de flèche lecture. Et la musique a commencé. Le début de l’extrait, c’était l’introduction de la berceuse, un solo de basson. J’ai donc vu Stravinsky, vivant, bouger, regarder ses musiciens, les diriger, avec ses gestes de fileuse de coton qui provoquent chez moi l’amour fou, ni plus ni moins. Et puis la vidéo s’est mise à s’interrompre toutes les deux secondes. Un problème de connexion, ou de débit, ou autre peccadille qui m’ont fait retrouver cette sensation nauséeuse. Celle de haïr mon époque. Mon siècle de la communication dans toute sa virtuosité virtuelle. J’étais avec Stravinsky, j’avais retrouvé ma vérité, faite de ces sensations qui seules apaisent mes tourments sur le sens de la vie, et puis, retour sur terre grand V, avec les sons de mon époque qui ne me conviennent pas. Que je déteste. Si fort, qu’un monde parallèle doit exister, où se déchaîne silencieusement ma colère de vivre ici maintenant ; et pas hier quelque part, où et quand les antivirus ne parlaient pas.

La furie me prend, mais j’écoute, me mordant l’âme, cet extrait haché toutes les deux secondes, jusqu’au bout des neuf minutes et huit secondes, ci-dessous…

Turangalîlâ

Le dessous de tout

2008 mars 28
by Turangalîla

Ma démarche est la suivante : je m’apprête à taper sur les doigts d’une émission télé dont l’angle d’analyse annoncée est ni plus ni moins la géopolitique : Le dessous des cartes. De quel droit ? De celui de la première quidam venue, qui n’aime pas qu’on donne dans le registre « ni vu ni connu cht’embrouille » alors qu’on prétend analyser notre petit monde sous la lunette exigeante de la géopolitique.

Résumé de l’incident : Le dessous des cartes s’annonce avec pour thème : Les murs. Une première présentation ose fourrer dans le même panier en moins de trois minutes montre en main les « murs » suivant : la muraille de Chine, le mur de Berlin, le limes romain, les murs dans les banlieues de Los Angeles, et deux derniers pour la route : le mur en Israël et autour des zones sécurisées en Irak (ben quoi, c’est juste à côté…).

De petits souvenirs d’écolière me reviennent alors. Lorsqu’on ose espérer pouvoir faire une analyse maison sur un sujet de politique, de géopolitique, d’histoire, de tout ce que vous voulez qui touche peu ou prou à l’humanité – ce qui implique que ce qu’on va en dire n’a pas déjà été pensé et démontré avec brio par quelqu’un d’autre avec une moyenne de trois siècles d’avance sur vous (ce qui implique quelques lectures au préalable), et c’est fort probable – il est sage d’adopter un angle d’analyse.

Ainsi donc, si l’on applique la discipline adoptée par cette émission – la géopolitique – à l’énoncé complet des objets d’étude (mur de Berlin, Moyen Orient, …) on devrait s’en sortir au mieux avec trois thèses. Or, il n’ya pas eu l’ombre d’un pet de condensé vulgarisé de trois thèses résumées, mais un message omniprésent tout au long de ce divertissement déguisé avec sérieux qui disait en gros ceci: C’est que, ma brave dame, « l’Homme construit beaucoup de murs, et peu de ponts ». Phrase citée de je ne sais plus qui vous m’en excuserez, le lyrisme m’a pris à la gorge jusqu’au tympans.

Comment vous dire alors à quel point j’ai détesté cette sensation d’être trompée, quand ceux qui fabriquent ces émissions osent nous sous-estimer à ce point. A-t-on l’air aussi écervelé qu’on prétende faire le tour du monde des conflits territoriaux, idéologiques et ethniques en dix minutes sans l’ombre d’un scrupule méthodologique, en concluant par un sourire empoisonné qui dit « voilà, vous savez tout ! »

Les murs. Problème de Solidarité donc. Mais bien sûr ! Tout ce résume à ça! C’est si simple… ne cherchons pas plus loin.

Ah la la…

Soupir

Turangalîlâ

Y’aura-t-il de la neige au printemps?

2008 mars 21
by Turangalîla

Oui. Trois cm sur ma terrasse exactement, et les flocons continuent de tricoter leur fraîche écharpe sur tout ce qui ne bouge pas dans les environs. Le spectacle est charmant sauf que, j’ai un rapport très intime avec les saisons. Je m’explique… J’aimais bien l’idée, intégrée avec joie, que le printemps était de retour. Trois choses que j’adore à cette période : la douceur de l’air, son parfum, et les cui-cui des p’tits zozios. J’oubliai: enlever les chaussettes, et jouer de l’orteil avec les rayons du soleil. Et puis, touche finale : l’odeur de la peau après avoir mijoté au soleil. Ce n’est pas que je m’apprêtais à vivre de tels instants aujourd’hui, j’avais déjà eu des messages subliminaux du cosmos, ayant essayé de me neutraliser hier au soir avec ses pieds glacés piétinant mon enveloppe charnelle. J’avais compris, à cet instant – mais d’autres l’avaient compris avant si j’en note leur tenue de yétis avertis – qu’il faudrait ressortir les collants qui grattent, les sous-pulls qui protègent bien le cou mais vous laisse le bidon à l’air vif, et du coup, la bride de la ceinture glacée qui vous anesthésie le dessous du nombril. C’est aussi ça, le spectacle charmant de la neige qui tombent en d’inaudibles pouf pouf pouf… Il faut le dire, car ce ne sont pas nos grenoblois en puissance qui vont vous lâcher l’info. Hier soir encore, pas peu fière d’avoir bravé la mort blanche, je m’endormais sans un grincement de dent, juste le temps de recenser vite fait les évènements du lendemain qui m’attendaient. Parmi eux, non pas un déplacement professionnel à la Silicon Valley, mais deux navets blancs à sélectionner parmi d’autres sur un étalage bien frais pour une bonne soupe chaude (j’ai déjà les autres légumes à la maison). Toute courageuse que je suis, me voilà levée tôt pour chercher mes navets avec mes yeux de lynx du matin, la robe de chambre sur le dos je m’en vais invoquer le soleil devancé par mon zèle, y puiser quelques inspirations et puis… que vois-je? Qu’entends-je? Pouf, pouf, pouf. Tombe la neige. Quatre cm maintenant. Il va pourtant falloir que j’aille les chercher mes navets blancs. C’est que, le navet blanc dans la soupe, donne un effet velouté ainsi qu’une base neutre mais délicatement parfumée au goût. Le navet blanc me ravit vous l’aurez compris. Le reste donne du piquant à la mission c’est évident. Mais n’irritons pas le cosmos, il veut de la neige au printemps, laissons-le faire son petit caprice. Courbons l’échine, ployons, c’est le moment d’user de la souple intelligence du roseau. Soyons félins, restons au chaud, et mangeons des croquettes.

Miaou fit le navet,

Turangalîlâ

Quand vous aurez fini de lire The World

2008 mars 18
by Turangalîla
Turangalîlâ, excédée par la dictature des sentiments : “qui tu dois aimer, qui tu dois haïr”, s’en va en quête d’autres sons de cloches. Celui-ci fait clong :

“La ré-information est un terme que j’ai inventé, au détour d’une digression avec Sami El-Soudi, et qui signifie que nous nous attelons ici au rééquilibrage des informations erronées ou tronquées, qui parviennent à l’étranger sur ce qui se passe chez nous. Nos journalistes s’employant à véhiculer les informations oubliées, tronquées, dénaturées, manquantes ou omises, qu’ils jugent nécessaires à la perception des bases et des péripéties de notre conflit. Tous, en effet, autant que nous sommes à la Ména, sommes persuadés de ce qu’aucune percée substantielle en direction la paix n’est possible, tant que les habitants de la région seront soumis à la propagande haineuse et tant que les citoyens des pays occidentaux, si nécessaires dans leur rôle de modérateurs, recevront une information fabriquée au fil des intérêts étroits de leurs gouvernants.”

Pour mémoire, je ne bascule pas facho, je cherche un son de cloche contradictoire sur le sujet, voilà mon crime.
Turangalîlâ, en guerre contre la caresse dans le sens du poil (ça graisse à force).

Souriez vous êtes libraire

2008 mars 17
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by Turangalîla

Je me souviens, il y a presque dix ans, d’avoir entendu pour la première fois cette phrase : « N’oubliez pas la règle du BAM ! ». C’était ma première expérience professionnelle en librairie. « BAM ! »… « Bonjour », « Au revoir », « Merci ! ». BAM ! Et un client ravi. BAM ! Un autre. BAM ! Tout le monde est content. BAM ! Trop facile…

Je me souviens de cette autre expérience, en tant que libraire cette fois. C’est-à-dire que je n’étais plus « en caisse », mais « en rayon », confrontée aux attentes en tout genre de la clientèle en tout genre. La règle du BAM s’est alors trouvée face à ses limites et les miennes avec. On a beau avoir « un réel goût pour le contact avec la clientèle », il y a des moments, où tout bon libraire se doit d’apprendre à dire avec ses yeux : « Etes-vous bien sûr, honorable client, de vouloir vous mettre dans cet état pour un retard de livraison ? » et pas seulement BAM, même si BIM et BOOM s’en viennent à vôtre rescousse. Il y a des jours aussi, où BAM ne pourra pas expliciter « lequel est le mieux, entre ce cahier de vacances et ce cahier de vacances. » Enfin, c’était prévisible, et BAM demeure néanmoins une très bonne règle de base, j’en conviens.

Sauf que, BAM avec trois pans de longs à chaque coin des lèvres, ça ne marche pas. En tout cas pas avec Rusalka version cliente. J’admets pour avoir eu envie de commettre des illégalités sur autrui par le passé que certaines situations peuvent racornir le sourire temporairement, mais que l’on efface au moins l’ardoise de tout nouveau client passant le fronton de la boutique à qui l’on doit le bénéfice du doute suivant : « Il/elle/Rusalka n’est pas forcément de nature irritante, il se peut même qu’il/elle/Rusalka s’en vienne en paix ».

Et puis disons-le, il existe des clients extras. Et puis disons-le aussi, il existe des clients plus qu’extras, et là ça devient moins extra… Quand après avoir eu affaire à un client pas très sympathique, voire méprisant, voire insultant (ça arrive), un autre client se fait tout gentil, tout en empathie lyrique et en parfaite harmonie avec vous, il est fort possible que celui-ci ne vous lâche pas le code barre jusqu’à ce que vous lui confirmiez ceci : « Heureusement qu’on a aussi des clients comme vous, sinon BIM BAM BOOM…».

A-t-on fait le tour de la règle du BAM, sûrement pas ! En attendant, rajoutons-y un “S” pour “Sourire”. Mais pas n’importe quel sourire… Le sourire de Narcisse! Entier, infini, fatal… Le sourire à la soudaine apparition de l’Autre, du Moi-Autre ! Du client…

Souriez donc, vous êtes libraire.

BAMS !

Turangalîlâ

Cosmiques conjonctures

2008 mars 12

Turangalîlâ s’est reconnue récemment la méchante manie de titiller le cosmos à rebrousse-poil à force de cumuler le genre d’expériences que je m’en vais vous expliquer.

Un de ces nombreux jours, contre vents et marées, je décide de m’investir dans une activité aux annonces alléchantes, plutôt que de rester chez moi à rien ficher (c’est plus joli que foutre vous en conviendrez). Une fois en contact avec le responsable des réjouissances, celui-ci m’apprends que « Oh, vous savez, c’est plus ce que c’était ». Ah, pourquoi donc mon bon monsieur ? « Pendant longtemps c’était très sympa, et puis depuis peu… » Laissez-moi deviner, depuis que j’ai franchi la porte, ça vous a foutu la déprime et le cosmos vous a inspiré de mauvaises augures ? Me trompé-je ?

Un autre jour, je m’étais inscrite de suite. Tout était super sympatoche. Les gens étaient tout contents, et puis untel est parti, ça a déprimé truc, qui a suivi machin, et ça a fait un gros trou dans l’ambiance. Depuis c’est beaucoup moins rigolo. Combien de fois vais-je entendre ceci, une fois le territoire non lucratif foulé par la terrible Turangalîlâ ?

Mais le cosmos se fâche aussi en d’autres circonstances… La première fois qu’un conseiller boulot m’a ri au nez avec mon bac et mes diplômes de musique, je l’ai pris cool car je comprenais sans ambages que quelque chose clochait entre mon cv de saltimbanque et le marché du travail. J’ai donc repris des études, mais attention, pas les petites études juste pour dire, « Bon, c’est bon là ? », néni, j’ai bien écouté la maîtresse jusqu’à envisager de faire une thèse. Quand je suis retournée près de mon bon conseiller boulot, il n’a pas ri mais il était un peu empétouillé. C’est que, me dit-il, mon domaine de compétences était bien demandé à une époque – mais alors vraiment très demandé, insiste-t-il de son couteau émoussé dans ma plaie purulente – et puis il y a eu soudainement l’époque ou j’ai franchi la porte de l’établissement. Du coup, je m’entends conseiller ceci : « Vous voulez pas donner des cours de musique, avec vos diplômes de musique ? » Curieusement je ne m’entends pas dire oui. Je ne sens même plus ma bouche à vrai dire. Ma vue se trouble. Je sue. Vous voulez dire que les saltimbanques sont revenus à la mode ? Re-sué-je.

Le cosmos… voilà un farceur qui n’attend pas le 1er avril pour vous coller des petits poissons dans le dos avant d’aller en entretien d’embauche. Alors méfiez-vous, parce qu’un jour si le vent tourne et qu’il se lasse de moi, vous risquez de l’avoir aux fesses. Préparer donc vos langues de belle-mère et vos coussins-péteurs, vous en aurez besoin.

Turangalîlâ, le cosmos aux fesses, rien que ça.

Post-blogum : je dédie ce billet à mon Big Brother, pour ses quelques printemps fleuris.

Même pas en rêve

2008 mars 7
by Turangalîla

« Ceci n’est pas sociologique ». Evidemment. Oui. Effectivement. Désolée. Je me suis encore laissée allée, et voilà que mon avis personnel, spontané, infondé surtout, est tombé en un couperet indolore puisque n’émanant que d’un vécu, d’un ressenti, trois fois rien et, en somme, sans valeur pour ce qui nous concerne en ce cours de sociologie intitulé « Les valeurs des européens ».

Mon professeur me remet en place donc. Ok, je l’ai bien cherché. Quelques temps plus tôt, je m’étais entendue dire par un autre professeur « ne vous fiez pas à vos impressions, vous devez adopter une méthode scientifique. »

Ils ont raison. Tous.

Puis le très efficace « ne rêvez pas », lu cette fois, dans une méthode pour la thèse en science-politique. Ce « ne rêvez pas » je ne l’ai jamais accepté. Plutôt crever, bouche ouverte, et tête vide.

Refuser de ne plus rêver n’est pas qu’un réflexe de pantouflarde attardée. C’est que, les sens sont souvent porteur vers la connaissance.

Je me souviens d’un premier déclic, une petite alarme dans la tête qui se déclenche, et qui me susurre « Tiens ! Ça, c’est important à savoir. » Je m’explique : mon grand frère, affamé, tentait de se couper une part de fromage un peu dur en l’attaquant du plat du couteau. Comme le laitage lui résistait, il s’était mis à le transpercer de la pointe du couteau, puis, me dit d’un air amusé : « la contrainte est plus forte que la poussée. » Il m’a semblé sur l’instant que c’était là une vérité sans fond. Que cette vérité s’étendait à beaucoup d’autres choses, et je décidais de la garder en tête pour l’avenir.

Depuis, c’est par instinct, le plus souvent, que je me laisse guider vers la connaissance. Mais pas que, évidemment.

Là où ça parait le plus idiot, c’est quand, parcourant les rayonnages des bibliothèques et des librairies, sans connaitre certains auteurs, quelque chose m’inspire tout spécialement. Peut-être le nom, entendu au cours de ma vie sans vraiment y avoir fait attention, les titres, survolés à plusieurs reprises dans les bibliographies recommandées. Ces fantaisies pourtant, m’amènent rarement à être déçue, c’est tout le contraire.

Les sens ne remplacent pas la connaissance, c’est certain, mais ils nous y amènent, souvent.

Là où ça parait le moins idiot. C’est quand la connaissance seule devient l’unique source de réflexion. La preuve en est, et j’en fus la témoin abasourdie durant un an et demi, que des têtes bien remplies peuvent être aveugles au plus haut point. J’ai pu voir comment l’école de la pensée unique pouvait se frayer sans sourciller, un chemin dans des consciences très au courant de tout, chiffres, dates et jurisprudences à l’appui. Comment tous ces intimidants érudits se repaissaient sans même regarder dans leurs assiettes, de lieux communs toujours plus téléphonés.

Mieux vaut en savoir moins qu’en avaler trop, me dis-je en claquant la porte d’un établissement brillant de ses mille feux.

Turangalîlâ

Voir rouge et ne pas freiner

2008 mars 5
by Turangalîla

A tout conducteur grenoblois derrière son volant et son moteur à allure modérée et plus si affinité, oyez ceci : vous me fatiguez la zénitude. Non pas que je vous haïsse, mais mon désamour est grand.

Je sais, ce ne sont pas là de jolis sentiments, et je devrais – comme le sempiternel bon ton ambiant me l’indique – prendre sur moi, (c’est tendance) et ne pas exprimer des choses avec ma bouche (c’est dégouttant). Comment vous dire alors à quel point vos pressions hystériques sur la pédale du milieu alors que le feu est… vert (!!!) entrent en résonance avec les évènements agaçants de mon quotidien fatigué. Comment tendre alors à vos yeux embués, le reflet abyssal du miroir de la virtuosité que vous mettez à l’œuvre dans l’art de me pomper la joie de vivre par quintal au km/h. Comment vous dire jusqu’à la percussion du neurone épargné par la vague d’abrutissement qui miroite au fin fond de vos pupilles, qu’en dessous d’allure modérée, vous vous rendez passible de mon terrible courroux. Qu’en dessous de ce seuil, vous n’aurez pas comme vous le pensez peut-être (le zèle étant la seule explication que j’ai trouvée après d’éventuels troubles sexuels), des bonbons distribués par des officiers de police vous ayant surpris en flagrant délit de bonne conduite. Et, comment vous dire, qu’il n’y a pas que les cocotiers que j’ai envie de secouer quand il me prend la fantaisie de traverser cette bonne vieille et éprouvante ville.

C’est dit,

Turangalîlâ, de retour d’une course, qui s’annonçait pourtant dans la plus limpide des innocences.

Plus inquiétant est de ne plus en rire

2008 février 27
by Turangalîla

Le monde va mal effectivement. Plus qu’avant et moins qu’après, comment en être sûre? La vie – cette farceuse – me laisse régulièrement des indices à ce sujet.

Il y a de cela une paire d’années ou plus, j’entendais de justesse les derniers mots d’un homme âgé qui disait ne pas aimer le monde qu’il allait quitter. Je réalisai en feuilletant mon programme télé que je venais de mettre un visage sur Claude Lévi-Strauss, que j’avais lu quelques années plus tôt pour le compte inspiré d’un professeur de sociologie. Enchantée me dis-je, ravie de cette apparition inattendue, quand, ses mots me revinrent en écho avec leur chant plaintif.

Il n’aime pas ce monde.

J’en étais restée là sans savoir pourquoi exactement, entendre cet adage de sa bouche me rendait la chose plus proche, plus froide, plus réelle et inquiétante que jamais. J’en conclus pour évincer le malaise et me remettre à croire en de plus cléments lendemains que mon admiration pour lui m’interdisait toute remise en question, mais qu’il devait bien y en avoir une. Il le fallait du moins.

Puis, en ré-ouvrant Tristes tropiques, j’ai compris ce qui m’avait sourdement affolée quelques années plus tôt sur mon petit écran. Lire Tristes tropiques sans pouffer de rire m’est impossible. Ce n’est pas que ça soit drôle, évidemment, mais il y a dans le style de l’auteur un détachement au cœur même des situations les plus sombres qui montre une chose : l’humour est un dépassement du mal, une arme pour le réduire en poussière. Tant que faire se peut…

Sur mon petit écran, durant ces quelques secondes, point de détachement. La réalité brute. Le sentiment direct. L’ironie en berne. « Je n’aime pas ce monde ».

Un rire qui s’éteint est à prendre, il me semble, très au sérieux. Comme un signe du Temps. Le nôtre, encore…

Turangalîlâ

“Ca, c’est un hautbois basse” dit-il avant d’être sauvagement assassiné par une Turangalîlâ Hystérie.

2008 février 15
by Turangalîla

Je me trouve on ne peut plus censée faire mon ménage, mais voilà que je tourne et retourne sans parvenir à me saisir des ustensiles alignés sagement à mes pieds depuis un moment désormais inextinguible, puisqu’une certaine note me gratouille l’esprit. C’est donc au nom de tous les balais-serpières à franges qui s’impatientent quelque part dans le monde – à juste titre – que j’ai deux mots à vous transmettre.

Il m’arrive, dans ce blog – toujours pas sex, vous en conviendrez – de parler du basson. Cet ustensile sans frange mais qui n’est pas dépourvu pour autant de qualités toutes usuelles, pour le peu qu’on veuille bien l’alimenter en oxygène (j’en connais d’autres qui ne font pas les fiers sans oxygène…). Bref! Tout ça pour vous dire que je me suis énervée – oui, encore… – et en plein concert.

Comme à notre habitude à Coco-Lapin et à moi, nous avions opté pour un calage de fesses soigneusement selectionné dans un bon gros fauteuil d’une de ces merveilleuses salles de spectacles dont le statut juridique répond au doux nom de “Maison de la Culture”. Pendant que nous humions les vapeurs désormais familières d’un public en émoi tout dans l’euphorique attente de l’entrée en scène des artistes, nous bavardions de ci et de ça avec mon cher et tendre quand une femme de sexe féminin s’est écriée en pointant du doigt le contrebasson qui attendait du haut de sa splendeur imposante son heureux propriétaire sur la scène : “C’est quoi ce gros truc rouge là-bas?”

Croyant qu’elle faisait allusion au sang qui ne fit qu’un tour dans mon enveloppe charnelle, je me retourne vers la curieuse. N’osant répondre, je vis que son homme de sexe masculin avait déjà commencé de réfléchir à la chose, et, tout heureux de combler l’ignorance de Madame, répondit dans le registre voyons chérie c’est évident non, ne fait pas l’idiote ça ne te va pas au teint : “Ca? C’est un… un hautbois-basse!”

Nom de bleu… NOM DE BLEU…!!! Coco-lapin eut l’excellent reflexe de me plaquer à mon siège, et de maintenir entre ses doigts, ma bouche qui s’apprêtait à bouffer Monsieur et Madame. Le “haut-bois basse”, voyez-vous ça… La colère me bourdonnait tant aux oreilles que j’ai mis 3/4 d’heure à capter que le concert avait commencé. J’ai donc quasiment applaudi dans le vide quand j’ai vu le chef se retourner vers nous, le sourire aux lèvres, et le “haut-bois basse” qui avait rejoint son socle pour “gros trucs rouges”. Grummblrrrr…

Parfois il me prend une frayeur quand j’y repense… J’imagine ces gens propager cette diablerie à toutes leurs connaissances : “Nous sommes allés à un concert, c’était magnifique, et puis le hautbois basse, qu’est-ce que c’est beau…”. Et puis les amis de leurs amis, et ainsi de suite, et ainsi de suite…!!! Le monde entier, ainsi gangréné par l’intox, j’en pleure.

Et puis ça va un peu mieux quand je réalise que, à part moi et mes balais à franges, qui se soucie de ce pauvre gros truc rouge??? Qui???

Bouhouhou.

Turangalîlâ

Plus on est de fous…

2008 février 8

a04258d4ac498886004d054fe0890ce9.jpg… plus on Tchaikovsky,

Invitons-nous à une petite expérience schizophrénique. Marmotte – qui n’hiberne plus (réchauffement climatique oblige) – a passé hier la journée en compagnie de Schubert (les Folles Journées de Nantes ont affolé tout hier le petit écran), et elle s’est dit mince mince mince… C’est que, là encore, elle avait découvert récemment, en bonne rongeuse de pochette-cd qui se respecte, la musique de chambre de Piotr, et, en rebuvant Schubert à grandes rasades, réalisa à quel point il avait inspiré Tchaikovsky. “Je me trompe peut-être, me dit Marmotte, mais si on écoute son premier quatuor à cordes en ré majeur op. 11, dans l’Andante cantabile (2ème mvt) par exemple, c’est du Schubert!” Effectivement, les premières secondes nous affalent instantanément dans un fauteuil de schubertiade… Mais ce n’est pas tout, il y a d’autres invités… rajoute-t-elle. Un bien moins surprenant j’en conviens. Un peu plus tard dans le morceau, percent effectivement sans surprise les lumières de Dvorak avec le deuxième thème ponctué par les pizz du violoncelle. Maintenant tu vas écouter le premier mouvement me siffle-t-elle entre ses deux dents affutées. Le début fait toujours penser à Schubert, puis on croit entendre Brahms dans le court échange fugué entre l’alto et le violoncelle. Si on écoute maintenant le deuxième troisième (sorry) quatuor à cordes en mib majeur op. 30, dans Andante funebre e doloroso ma con moto (3ème mvt), il y a là un invité surprise bien surprenant… J’écoute sous les ordres inspirés de Marmotte. Toujours Schubert, je m’attends à revoir Dvorak et pourquoi pas Brahms, mais c’est différent cette fois-ci. Une irrésistible montée en pizz s’éteint avec le violoncelle, gracieusement, en deux légers rebonds, et puis… une atmosphère connue. Froide et intime à la fois. Proche et sourde. Une note obstinée d’alto, ténue. Une harmonie en friction, serrée mais pleine d’air. De l’espace et du son, en profondeur. C’est Chosta…! Le chemin se poursuit dans les bras de Schubert, puis à nouveau Chostakovitch, à la fin du mouvement. Les dernières secondes de la dernière minute sont encore un choc, mais lequel? Les quatre cordes ont toutes rejoint le registre aigu dans un point d’orgue pour rejoindre qui? Ravel? Pas sûr, je cherche encore, et Marmotte n’en dort plus le jour…

C’est beau Tchaikovsky, me marmonne Marmotte, ronronnant de plaisir.

Turangalîlâ

Naître ou ne pas être

2008 février 5
by Turangalîla
Il est heureux que les grands auteurs naissent et meurent comme tout un chacun. S’il n’en était ainsi, nous serions obligés de parler d’eux quand leurs œuvres résonneraient avec pertinence au temps présent, et pas si, et seulement si, leur date de naissance ou de décès ferait un bon calcul avec siècle, demi-siècle, décennie et autres chiffres aussi ronds que dix is. S’il n’en était ainsi, il nous faudrait chercher à comprendre en quoi leurs pensées, en quoi leurs écrits, leurs recherches, leurs travaux, leurs découvertes, enrichiraient nos propres pensées, analyses et perceptions du monde et de nos semblables, au risque de l’épanouissement personnel et collectif (l’idéalisme aidant). Cela demanderait un travail. Une rigueur. Une volonté. Un éclair de lucidité. Mais pas que. Il me plait de croire – peut-être naïvement – qu’une étincelle suffit.
Aussi, j’en conviens, il est confortable de vandaliser au grès des décès et des naissances les rayons Gracq (par exemple) des bibliothèques et des librairies, après, et seulement après, le 23 décembre 2007. Avant, et seulement avant, il faudrait réanimer le plaisir de ramasser les pépites d’or qu’il aurait laissé sur son chemin. Se baisser donc, aller vers le bas, pour recueillir ce qui est au fond et non attendre bouche ouverte d’absorber au grès du vent ce qui flotte séculairement à la surface.
La stagnation va pour un temps. Le nôtre (de Temps) est-il vraiment le meilleur candidat à cela? Peut-on aujourd’hui, plus qu’hier, se payer le luxe de laisser notre eau croupir. Et de la boire. Et de s’en délecter. Ou du moins d’y croire, alors que le mensonge vient de nous-mêmes.

Turangalîlâ

Aujourd’hui sur l’USS Entreprise (Journal de bord 3)

2008 janvier 19

[Un Turangalîlâ-visionnage des épisodes de Star Trek, souvenirs souvenirs...]

Episode : “L’imposteur”…

[Résumé de l'épisode :
Un dysfonctionnement de télétransporteur a scindé en deux entités Bien et Mal le capitaine Kirk; les télétransportations interrompues, une partie de l'équipage (dont Mr Sullo) est contrainte de rester sur la planète où elle effectuait une mission ; à la tombée du jour, la température de cette planète descend jusqu'à - 40°, et Mr Sullo est en pyjavelours beige...]

Scène gagnante :
Mr Sullo (en télécontact avec le capitaine kirk) : “Les réparations du télétransporteur avancent???”
Capitaine Kirk (partagé entre le Bien et le Mal) : “J’ai octroyé un jour de congé à tout l’équipage, personnellement je fais du lèche-vitrine!”
Mr Sullo (qui peut encore faire de l’humour malgré ses lèvres collées par le froid) : “Vous croyez qu’il sera possible de réembarquer avant que les compétitions de skis commencent?”

A entendre et à réentendre :
Mr Spoke : “Mélangez le Bien et le Mal, et votre intelligence vous permet de survivre…”

A voir et à revoir :
Le licorniche : hybride entre une licorne et un caniche, celui-ci étant tout comme le capitaine Kirk scindé en deux entités Bien et Mal… et son intelligence a bien du mal à descinder tout ça, pauvre youki…!

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A suivre,

Turangalîlâ

Si vous avez aimé Agénor seul…

2008 janvier 18
by Turangalîla

… vous aimerez:

Premier acte, scène 1 : “O nuit, témoin de mes soupirs secrets” (Callirhoé)
Deuxième acte, scène 5 : “Redoutable enfant du tonnerre” (Corésus et Choeur)
Quatrième acte, scène 3: “Princesse aimez-nos bocages… nous vous offrons les plus touchants (hommages)” (Choeur de bergers et de bergères)
Quatrième acte, scène 3, Air : “Quelques chaînes” (Choeur)

Si vous avez aimé Air ou Serge Gainsbourg ça marche aussi.

Turangalîlâ

Agénor, seul.

2008 janvier 17
by Turangalîla

Acte II, Scène 1, Agénor, seul.

Espoir qui me flattez d’un plus doux avenir,
De vos enchantements faudra-t-il me défendre?

Souvent vous nous faites entendre,
Que nos maux sont prêts à finir,
Quand le destin jaloux ne fait que les suspendre.

Espoir, qui me flattez d’un plus doux avenir,
De vos enchantements faudra-t-il me défendre?

Un amant malheureux et tendre,
D’une erreur qui lui plait aime à s’entretenir;
Mais que de pleurs à répandre,
Quand il faut en revenir!

Espoir, qui me flattez d’un plus doux avenir,
De vos enchantements faudra-t-il me défendre?

Extrait de Callirhoé,
Tragédie lyrique de André Cardinal Destouches (1743)
Livret : Poème de Pierre-Charles Roy
Le haute-contre (Agénor) qui chante ça avec des aigus d’une bouleversante pureté d’enfant : Cyril Auvity (en lice parmi les six artistes révélations des Victoires de la musique classique 2008, pour Cyril tapez 1).

Turangalîlâ vous salue.

Aujourd’hui sur l’USS Entreprise (Journal de bord 2)

2008 janvier 11
EPISODE « La planète des illusions »…

[Un Turangalîlâ-visionnage des épisodes de Star Trek, souvenirs souvenirs...Pour rappel : ces épisodes ont été conçus et réalisés en pleine époque de libération sexuelle, je ne suis donc pas responsable du stalactite ci-dessous ... merci!]

[Résumé de l'épisode :

Le toujours aussi beau capitaine Kirk vient de repérer le signal du docteur Corb disparu depuis 5 ans sur la planète Exo III. Accompagné de Christine Corb (la femme du docteur), le capitaine Kirk retrouve le Dr Corb dans de vielles grottes aménagées sur la Planète Exo III et découvre son étrange équipe : des androïdes qu’il a lui-même crées… parmi eux, le Dr Braun (sorte de créature de Frankenstein en nuisette rose) et la très écoeurante Andréa en salopette superfpouffe pour pas changer.

Scène gagnante : La femme jalouse

Dr Corb (présente au capitaine Kirk sa création : l’androïde Andréa) : « Remarquez la pigmentation, la variété des tons de sa peau, sa peau a de la chaleur, elle a même des pulsations…et aussi le sens du toucher ! »

Christine Corb (à qui ça ne plait pas du tout cette histoire de toucher et de pulsations) : « Comme c’est commode…!!! »

Dr Corb (enfin Christine !!!) « Christine !!! tu dois comprendre qu’un androïde est comme un ordinateur !! elle ne fait que ce que j’ai programmé !! (c’est bien ce qu’elle dit : c’est commode…) en tant que scientifique toi-même tu dois comprendre !! (Chérie! sois scientifique un peu..!!!)

Christine Corb : (à court d’argument, décide d’utiliser les grands mots) « Ce qui a donné une mécanique comme le Dr Braun peut donner une geisha de mécanique sans plus de difficulté ! »

A voir et à revoir

La salopette d’Andréa de face :( à gauche) (non, elle n’a pas de tee-shirt blanc…)

de dos : (toujours à gauche) (et pas non plus de tee-shirt rose.)

La nuisette du Dr Braun :

La fabrication d’un androïde à partir du Capitaine Kirk :

(il faut faire tourner super vite le Capitaine Kirk avec une matière secrète en forme d’humain)

Le Capitaine Kirk tente d’échapper au Dr Braun qui veut sa mort : tiens !… un stalactite!!!

The salactite qui tombe à pic !

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merci, désolée,

à suivre…

Turangalîlâ

This is the hand

2007 novembre 27
by Turangalîla

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Turangalîlâ,
dans sa phase créatrice et destructrice : à deux doigts d’assassiner celui qui lui demande si c’est le buzzer de Question pour un champion… gare à vos fesses!